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En immersion avec la brigade de nuit

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Cadre de vie, Sécurité Le jeudi 03 octobre 2019

En immersion avec la brigade de nuit

Vous les croisez à pied, en voiture, en VTT ou encore à cheval... Leur présence en rassure certains et en dissuade d'autres. Ils font partie de votre quotidien, désormais également la nuit. Les policiers municipaux ont vu leur métier évoluer pour s'adapter à la délinquance et aux nombreux types d'interventions auxquelles ils sont confrontés, de la verbalisation à l'intervention musclée.

Entre 18h et 2h du matin, armés et équipés, ils sillonnent la ville en complément de la Police Nationale pour garantir la tranquillité des habitants. Ils sont épaulés dans leur mission par le réseau de 89 caméras de vidéoprotection réparties sur la commune, reliées au Centre de Surveillance Urbaine. Pour renforcer la sécurité des Montiliennes et des Montiliens, le Maire de Montélimar a en effet souhaité que de nouveaux agents soient recrutés afin de mettre en place cette brigade de nuit de la police municipale. Comme pour leurs collègues de jour, les missions sont variées : contrôle routier, sécurisation du centre-ville, alcoolémie, nuisances sonores, stupéfiants, vol à la roulotte, ivresse publique, contrôle de vitesse.... Ils se rendent également aux endroits où les habitants signalent des nuisances. Immersion avec ceux qui participent à la qualité de vie montilienne.

18h - Au poste de la police municipale...

Les agents des patrouilles de jour et de nuit se croisent dans les vestiaires, échangent sur les dossiers en cours et les événements. Ce soir, ils sont trois à patrouiller : Sylvain et Nicolas, les deux anciens gendarmes, et Caroline, la mère de famille, ancienne agent de surveillance de la voie publique devenue policière municipale. L'équipage se prépare et enfile son impressionnant équipement. L'équipement individuel tout d'abord et notamment leurs révolvers, récupérés et déposés après la patrouille à l'armurerie, dans des coffres, après avoir respecté les procédures de sécurité et leurs gilets tactiques pareballe, radios et casques...

« On porte près de 13 kg sur les épaules et à la ceinture ! C'est une charge qui diminue notre confort de travail lors des chaudes soirées d'été... » souligne Sylvain. « Mais la sécurité des agents est une priorité ». La patrouille de nuit s'équipe notamment d'un éthylotest électronique, d'un appareil de verbalisation électronique et d'un défibrillateur pour mener à bien leurs différentes missions. Au programme de la soirée : une patrouille piétonne en cente-ville pour sécuriser notamment les fermetures des commerces en début de soirée, une patrouille en voiture en centre-ville, dans les quartiers et les zones résidentielles, des contrôles routiers. « Les patrouilles sont réparties 70 % en centre-ville et 30 % sur le reste de la ville » précise Nicolas. « Statistiquement, ce sont les nuisances et tapages nocturnes et les contrôles routiers qui font l'objet du plus grand nombre d'interventions. »

18h20 -Patrouiller piétonne en centre-ville et sur les Allées...

Les agents s'assurent que tout se passe bien. Ils sont connus et reconnus par les commerçants qui les saluent et bien souvent les remercient. Les passages réguliers et la visibilité des patrouilles créent une proximité qui fait naitre une sorte de sympathie à l'égard des agents, d'autant plus qu'à côté des missions de prévention et de sanction, les policiers municipaux sont souvent au coeur des conflits, pour faire de la médiation et régler les problèmes dans le dialogue. Un échange de politesse avec un propriétaire de magasin de vêtements et la patrouille se poursuit par un passage par les Allées où les terrasses sont pleines. Les agents cheminent dans les rues, au gré des salutations, demandent si tout va bien... Cette sérénité des agents cache une grande concentration, car à tout moment une situation inattendue peut surgir. Le temps de rappeler à un SDF que son chien doit être en laisse, ce qu'il fait aussitôt, et c'est le retour au poste pour prendre un véhicule.

18h50 -Sur les allées provençales dans le véhicule de service...

Premier passage en voiture par les Allées et premier arrêt derrière un véhicule stationné en double file. Le propriétaire du véhicule est à proximité et le déplace. « Vous n'avez pas à vous garer-là. Pensez-y, les parkings sont gratuits la première heure... » lance Sylvain, avec le sourire, à l'automobiliste. 

19h - Au commissariat...

La patrouille s'arrête pour confier à ses collègues de la Nationale les radios qui vont permettre le contact entre la Police Municipale et la Police Nationale durant la nuit. « Nous entretenons des relations excellentes avec nos collègues de la Nationale » explique Caroline. «Nos missions et actions sont très complémentaires au bénéfice de la quiétude des habitants.»

 

19h28 - Sur les Allées provençales...

Un cycliste signale à la patrouille qu'une voiture grise qui roulait à vive allure a failli le renverser, mais sans pouvoir donner de détails sur le véhicule. Sans suite...

19h34 - Rue Pierre Julien...

Nicolas dresse une contravention à 35 euros à une personne consommant de l'alcool sur la voie publique en application de l'arrêté municipal.

19h43 - Place du Temple...

Discussion avec une personne interpellée la veille pour état d'ébriété, qui remercie l'agent de l'avoir réconforté et rappelé à l'ordre. « Ça fait partie des moments sympas parfois un peu irréels de notre quotidien » note avec humour Sylvain.

20h15 - Au poste de police municipale...

Pause repas au poste avec les agents du Centre de Surveillance Urbain, les « yeux » des patrouilles, qui scrutent les écrans des caméras de vidéoprotection et font le lien avec les policiers municipaux et les policiers nationaux... On parle boulot mais aussi d'autres sujets, on blague, pour décompresser. Si le téléphone sonne, ce qui peut arriver à tout moment, le repas sera reporté.

21h - En voiture...

Départ pour une mission d' « ouverture de porte ». « Le compagnon d'une jeune femme fragile psychologiquement, nous a signalé que cette dernière ne répondait ni au téléphone ni lorsqu'il frappait à sa porte. » explique Caroline. « Nous allons nous rendre sur place. » Une fois dans l'immeuble, Sylvain frappe à la porte et appelle sans plus de succès. Aucune odeur particulière ni de gaz ni de décomposition de cadavre ne se dégage.

21h30 - En centre-ville...

Les Pompiers et la Police Nationale arrivent à leur tour pour défoncer la porte et découvrir... l'appartement vide. La porte est refermée avec une chaîne et un cadenas. « Nous sommes confrontés parfois à des situations qui rendent notre métier très délicat. » explique Sylvain. «Des suicides notamment de gens qui se jettent sous un train ou se tirent une balle dans la tête... Ou encore des personnes très alcoolisées qu'il faut emmener à l'hôpital avant la cellule de dégrisement. Des personnes en détresse. » À côté des drames et situations périlleuses restent des souvenirs, teintés de fierté pour les agents... « Je me souviens d'une personne qui était coincée dans sa voiture, immobilisée sous un pont inondé, et que j'ai aidée à sortir » raconte Nicolas. « Moi c'est cette personne âgée sortie d'un cimetière où elle s'était retrouvée enfermée le soir ou encore cette personne âgée sauvée des flammes d'un incendie » évoque Sylvain, de l'émotion dans la voix tout en continuant « Il y a aussi des bonnes montées d'adrénaline comme quand on a interpellé des cambrioleurs en flagrant délit ! »

22h50 - Boulevard Meynot...

En collaboration avec les agents de la Police Nationale, la patrouille met en place un contrôle routier. Des vérifications sont effectuées : cartes d'identité, cartes grises, assurance, état des plaques d'immatriculation, des pneus, contrôles de l'alcoolémie. Une vingtaine de véhicules sont ainsi contrôlés. Quelques avertissements de prévention seront donnés tandis qu'un éthylotest sera positif (supérieur à 0,25 mg/L). Le véhicule est immobilisé et c'est la voiture de la Police Municipale qui emmène l'individu au commissariat.

 

 

23h45 - Au commissariat...

Un agent de la police nationale fait souffler l'automobiliste dans l'éthylomètre. Le résultat tombe : l'écran indique 0,55 mg/L soit plus de deux fois la limite autorisée, ce qui relève du délictuel. L'automobiliste se voit retirer son permis ; il écopera de points en moins et sera convoqué au tribunal. Une mauvaise nouvelle pour ce conducteur qui devait partir en vacances le lendemain...mais qui n'aura au moins pas été à l'origine d'un accident.

00h15 - Dans les bureaux de la police municipale...

La patrouille est de retour au poste pour rédiger les rapports : le procès verbal d'alcoolémie (lieu, heure, circonstances...) et le rapport de mise à disposition, obligatoire dès lors qu'une personne est transportée dans le véhicule.

01h00 - En patrouille...

L'équipage tourne dans les quartiers résidentiels, du côté du Château ou de l'école de Sarda... Tout est plutôt calme. « Il y a des soirs plus ou moins agités, avec des petites bagarres, des nuisances sonores. » précise Sylvain.

01h30 - Quartier Saint-James...

La Police Nationale a appelé en renfort la brigade de nuit pour un différent familial. La situation s'avère maîtrisée à l'arrivée des policiers municipaux.

01h39 - Route de Marseille...

Les agents de la police municipale décident de mettre en place un contrôle routier : des défauts de phare, des papiers qui ne sont pas en règle, des oublis de ceinture à l'arrière et des pneus trop usés sont relevés.

02h10 - Toujours route de Marseille...

C'est au moment de lever le contrôle que les policiers municipaux voient passer un véhicule à très vive allure et qui grille non pas le orange mais le rouge ! Le repos bien mérité attendra encore un peu : les agents se précipitent dans leur véhicule et se lancent à la poursuite du chauffard avec sirène et gyrophare. Le véhicule est rattrapé et les policiers municipaux, rejoints par la police nationale, immobilisent le véhicule. Contrôle des papiers et test d'alcoolémie positif pour ce jeune conducteur qui est emmené au commissariat. L'éthylomètre affichera un taux d'alcoolémie de 0,66 mg/l. Grâce à leur intervention, les policiers municipaux ont peut être évité un drame sur la route.

03h30 - Au coeur de la nuit...

Après avoir rangé leurs équipements et remis leurs armes au coffre, les agents rentrent chez eux pour un repos bien mérité.

En conclusion...

Les policiers municipaux remplissent un rôle essentiel dans le maintien de l'ordre et de la sécurité des habitants, en interaction avec la Police Nationale, le centre de surveillance urbain et les caméras de vidéoprotection. Ces équipes soudées ont un métier très varié, où se mélangent montées d'adrénaline et grande patience lors des procédures, face à des individus parfois imprévisibles. Les différences de missions entre Police Nationale et Police Municipale sont désormais infimes. La soirée où nous avons suivi les agents a été plutôt tranquille, ce qui laisse à penser que Montélimar n'est pas un haut lieu de la délinquance comme certains se plaisent à le déclarer, sans doute aussi, grâce au travail des représentants de l'ordre, au déploiement de la vidéo protection et à la politique de sécurité mise en place depuis plusieurs années sur la ville.

Quelles différences entre la patrouille de jour et de nuit?

De l'avis des agents, le travail de nuit créé une atmosphère particulière, avec un peu plus de tension, au contact d'une population différente. Bien que la majeure partie de la nuit se passe de façon plutôt sereine, les agents étant professionnels, expérimentés et entrainés, la situation peut devenir explosive en quelques minutes : un agent mordu à la main par un récalcitrant, la confiscation d'un long couteau en céramique, du caillassage, une vitre arrière de véhicule brisée, sans parler des discussions musclées... Pourtant tous les agents de nuit sont volontaires car ils aiment cette atmosphère, et souvent parce qu'ils y étaient déjà confrontés au cours de leur carrière précédente (en gendarmerie notamment). La complicité et la confiance qui unissent ces agents sont aussi un gage de qualité du travail quotidien...

La brigade de nuit en chiffres...

6 agents répartis en deux patrouilles de trois policiers municipaux qui interviennent du mardi au samedi de 18h à 2h du matin.