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Jean-Baptiste Alaize, l'athlétisme comme force...

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Sport et jeunesse Le mardi 26 septembre 2017

Jean-Baptiste Alaize, l'athlétisme comme force...

De la guerre civile au Burundi à la piste d’athlétisme des JO de Rio, le parcours de Jean-Baptiste Alaize, athlète handisport, a été semé d’embûches. Retour sur son histoire, ses peines, ses joies, ses rêves et ses exploits. Un destin hors du commun...

Amputé du tibia droit, en 1994, à seulement 3 ans après avoir reçu plusieurs coups de machette qui ont marqué son corps à vie, Jean-Baptiste Alaize est rescapé de la guerre civile entre Hutus et Toutsis qui a éclaté au Burundi, son pays natal. Placé dans un orphelinat pendant quatre ans, séparé de ses soeurs, le petit garçon est adopté, à l’âge de 7 ans, par Danielle et Robert Alaize. Atterrissage
dans la Drôme et plus précisément dans la commune de Bonlieu-sur-Roubion. C’était le 12 juillet 1998. Une autre vie commence ce jour-là pour Jean-Baptiste.

Scolarisé à Marsanne, Jean-Baptiste va tout d’abord découvrir le foot avec ses copains d’école mais très vite sa prothèse à la jambe, qu’il dissimule, devient un handicap. C’est alors qu’il se tourne vers l’équitation : il participera notamment aux Championnats de France avec les valides, obtenant une place de finaliste. Puis vient l’époque du collège à Cléon d’Andran et la découverte de l’athlétisme... Alors élève de cinquième, il participe avec sa classe aux JO du collège... et s’élance comme dernier relayeur dans le relais 4 fois 100m. Au bout d’une remontée fantastique, il permet à son équipe de gagner la course... Son professeur de sport découvre alors l’existence de sa prothèse et l’oriente, au vu de ses capacités et malgré son handicap, vers l’UMS athlétisme...

Ce sont ses premiers pas dans la discipline sous les ordres de l’entraîneur, Benoit Constant. Le jeune athlète se spécialise dans le saut en longueur et le sprint, les deux disciplines de Carl Lewis, multimédaillé olympique. Jean-Baptiste rêve d’imiter celui qui est devenu son idole. Il s’épanouit pleinement, physiquement et moralement, dans ce sport qui devient très vite une thérapie apaisant les souffrances de son enfance, un exutoire, une revanche sur la vie. Ses résultats sont très bons... ils concurrencent ceux des valides. Repéré par la Fédération Française Handisport, il participe à 15 ans à ses premiers championnats du monde juniors à Dublin, en Irlande.

En 2010, il rejoint la région parisienne et l’INSEP. L’heure des sacrifices loin de sa famille, mais l’heure de la découverte du haut niveau, du travail sur le physique, des entraînements quotidiens, de la préparation mentale... pour devenir un champion. C’est intense, mais Jean-Baptiste progresse très vite. Quadruple champion du monde des moins de 23 ans en saut en longueur, Jean-Baptiste se perfectionne également en sprint, sur 100m et 200m. Sélectionné pour la première fois en équipe de France Élite en janvier 2011 à l’occasion des Championnats du monde handisport de Christchurch en Nouvelle-Zélande, il décroche la sixième place au saut en longueur et la huitième sur 200m.

Crédit photo F. Pervillé

De belles promesses pour ses premiers pas chez « les grands » avec comme rêve : les JO de Londres. Un rêve qui se réalise : il sera finaliste au saut en longueur dans la capitale londonienne. Il échoue à quelques centimètres du podium. Une véritable déception pour le jeune homme. Sélectionné également pour les JO de Rio en 2016 et après un voyage pour s’entraîner aux États-Unis, Jean-Baptiste Alaize figure aujourd’hui parmi le Top 5 Mondial de sa discipline.

Médaillé de bronze aux Championnats du Monde Handisport de Londres le 17 juillet dernier, avec un saut à 6,82m, son record personnel, le jeune athlète s’entraîne aujourd’hui pour atteindre son rêve suprême : décrocher une médaille aux JO de Tokyo en 2020... Véritable ambassadeur du sport et du handisport, Jean-Baptiste prend le temps d’aller à la rencontre des écoliers et a intégré l’association « Peace and sport » pour promouvoir la paix dans le monde à travers le sport. Il a également goûté au plaisir d’enfiler le costume d’acteur, un rêve de gosse: il a joué aux côtés de Franck Dubosc dans son premier film en tant que réalisateur, «Tout le monde debout ». Un bel exemple de combativité et de détermination...

Crédits photos Florent Pervillé - perville@club-internet.fr

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