Spectacle : W au Tintamarre
« Je sais qu’au cœur de W se trouve le cheminement de mon histoire, et l’histoire de mon cheminement ».
D’un côté, l’Histoire, la Grande Histoire, avec un grand « G » et un grand « H ». Celle que tout le monde connaît. Celle qui nous relie. De l’autre, la petite histoire, intime, personnelle, constituées de souvenirs et d’anecdotes. Celle qui nous fait. Celle que l’on garde précieusement.
Deux perspectives qui se rencontrent brutalement dans W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec. Naviguant entre une île lointaine de la Terre de Feu où le sport règne en maître et la propre enfance de l’auteur, petit garçon juif au cœur de la seconde Guerre Mondiale, c’est un de ces livres qui existent dans un espace à part. Précisément, là où le bout du monde et le bout de nos mémoires se rejoignent.
W, c’est une volonté de faire exister cet espace à la frontière poreuse sur scène. D’adapter l’œuvre de Perec en la revisitant. De faire dialoguer notre mémoire commune et la mémoire individuelle, observer la façon dont elles se traversent et s’affectent. D’explorer l’horreur des hommes en même temps que la société olympique créée par Perec.
W, c’est aussi un questionnement sur l’absence de passé. Le cheminement d’un auteur à la recherche de ses premiers souvenirs et d’une lectrice qui ne connaît pas ses origines. Deux figures qui cherchent à se construire sans connaître leurs fondations. Qui se demandent comment exister dans les méandres de la Grande Histoire. Comment trouver son chemin quand on ne sait pas d’où l’on vient.
W, enfin, est une manière de ne pas oublier.




